Vous êtes ici : Accueil > Publications/منشورات > Analyses

Changement climatique : premier facteur de migration forcée

  • PDF
  • Imprimer
Index de l'article
Changement climatique : premier facteur de migration forcée
Page 2
Page 3
Toutes les pages

Les phénomènes climatiques sont devenus le premier facteur de déplacement forcé de populations, avant même les conflits.

Par Abdelfatah Ait Ammi, chargé d'études Environnement et Energie

 

C’est maintenant officiel : le changement climatique est désormais la première cause de migration forcée. Dorénavant, le discours sur les migrations ne pourra plus se limiter aux migrants économiques, au phénomène de fuite des cerveaux et aux réfugiés politiques ; il englobe désormais une population grandissante de migrants pour des raisons climatiques ou météorologiques.

La question n’est pas complètement nouvelle. En 1990 déjà, le Groupement Intergouvernemental d’Experts sur le Changement Climatique (GIEC) avait noté que le plus grand impact du changement climatique serait sur les migrations humaines. Des millions de personnes pourraient être contraintes à se déplacer par l’action du climat sur l’érosion des littoraux, l’inondation de territoires côtiers ou des dérèglements affectant la production agricole.

Muzaffargarh_in_Punjab_province_Pakistan_13_August_2010_14Les experts sont cependant restés prudents quant à établir un lien de cause à effet entre évènements résultant du changement climatique et migrations. Pour l’Organisation Internationale pour les Migrations (IOM), avec « autant de facteurs exogènes à l’œuvre qu’ils soient de nature sociale, économique ou environnementale, établir une relation linéaire entre un changement climatique anthropogène et des migrations de population demeure jusqu’à ce jour un processus difficile ».

Alors que les conséquences de catastrophes naturelles elles-mêmes sont attribuées à des facteurs tant climatiques que non climatiques, un consensus émerge cependant sur le fait que le changement climatique contraint chaque année des millions de personnes à quitter leur lieu de résidence habituel. En 2009, au sommet sur le changement climatique de Copenhague, le patron du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés, Antonio Guterres, confirmait  l’idée que le changement climatique deviendrait le plus grand facteur de déplacement de populations dans un avenir proche, tant à l’intérieur que par delà les frontières nationales. En 2008, ce ne sont pas moins de trente six millions de personnes qui ont été déplacées en raison de catastrophes naturelles ; vingt millions d’entre elles ont été contraintes à émigrer pour cause d’évènements climatiques extrêmes. A l’inverse, seules 4,6 millions de personnes ont été déplacées la même année en raison de conflits ou de violences.

Il est désormais certain que les capacités d’accueil de certaines parties du monde devraient être compromises par le changement climatique. En d’autres termes, le changement climatique rendra certaines zones de la planète moins adaptées à la vie humaine.



Suivez nous

  • rss
  • facebook-icon
  • twitter
  • linkedin
  • youtube
  • viadeo
  • dailymotion
  • wikipedia