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Revue de presse: L’attentat visant des opposants à la réforme de la Constitution au Kenya

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L’attentat a frappé le 13 juin 2010 un rassemblement électoral d’opposants au projet de réforme constitutionnelle qui sera l’objet d’un référendum le 4 août. Le bilan  est de 5 morts et 130 blessés selon les dernières sources. Réunies à l’initiative de l’Eglise, opposée au nouveau projet de Constitution, les personnes rassemblées protestaient notamment contre l’autorisation de l’avortement et le maintien des tribunaux islamiques qui appliquent la sharia pour les questions de droit privé.

La Constitution est néanmoins porteuse de nouvelles garanties pour les droits humains et pour les minorités et rééquilibre les pouvoirs dans le régime hyper présidentiel kenyan. En outre, elle aborde la question du partage des terres, sujet tabou depuis 1963. De nombreux sujets sensibles dans un pays où les troubles politiques engendrés par l’élection présidentielle de septembre 2007 avaient coûté la vie à  1500 citoyens. Cet attentat intervient au moment où les sondages montraient un léger avantage des partisans de la réforme et deux jours après la visite du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, qui a exprimé le soutien des Etats-Unis pour « les réformes ». Un soutien jugé interventionniste et néocolonial par les partisans du « non », comme le rapporte l’agence de presse sénégalaise. Les deux têtes de l’exécutif, formant un gouvernement de réconciliation après les troubles de décembre 2007, le président Kibaki et son opposant le premier ministre Raila Odinga ont apporté leur soutien au « oui » tandis que le camp du « non » est dirigé par le ministre de l’éducation supérieure William Ruto. Soulignons que ce camp du « non » est largement animé par l’église chrétienne, dans un pays qui compte une importante minorité musulmane. Les troubles politiques et les conflits ethniques récurrents représentent les maux principaux du pays, déplore Koigi Wa Wamwere dans le journal The Daily Nation. L’auteur prend pourtant le parti original de s’opposer à la Constitution car elle prolonge selon lui la nature ethnique de la répartition du pouvoir. En somme il refuse la nouvelle Constitution car elle ne va pas assez loin, en concluant par un emprunt au célèbre discours de Fidel Castro : « l’Histoire m’absoudra ».

 Le Kenya est plus que jamais le reflet des maux de nombreux pays africains. Le pays est une des clefs de la stabilité d’une région de l’Afrique marquée par les crises (Rwanda en 1994, Sud Soudan ou Ouganda en juin 2010) et les extrémismes religieux (Somalie). Selon nos sources, les contrôles de sécurité ont été renforcés et on soupçonne les auteurs de l’attentat (dont l’origine kenyane n’est pas avérée) de rechercher à attiser l’animosité entre communautés religieuses. Difficile pourtant à ce stade des investigations de confirmer la validité de ces hypothèses.

Les quatre articles sélectionnés sont :

  • « Kenya: 36 reasons why we needed a new constitution » par Cyprian Nyamwamu, www.pambazuka.org, 3 juin 2010
  • « Le soutien américain au référendum kenyan fait des vagues à Nairobi » par Serigne Adama Boye, Agence de Presse sénégalaise, 15 juin 2010
  • « Why I must oppose the proposed constitution » par Koigi Wa Wamwere, The Daily Nation, 19 mai 2010
  •  « Why I still hold that our negative ethnicity will be our undoing » par Koigi Wa Wamwere, The Daily Nation, le 15 juin 2010
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