L’Institut Amadeus au Forum pour la Coopération Sino-africaine à Pékin
L’Institut Amadeus a été invité les 30 et 31 mars 2010 à Pékin par le Comité de suivi chinois du Forum pour la Coopération Sino-africaine (FCSA) à intervenir au Séminaire pour la Paix et le Développement en Afrique sur la recherche scientifique et les échanges académiques aux cotés de plus d'une centaine d'experts représentant le continent.
Ce séminaire organisé à l’initiative du gouvernement chinois suite à la 4ème Conférence ministérielle du FCSA, a pour objectif de mettre en œuvre un «Projets d’études conjointes et d’échanges sino-africains », qui permettra de promouvoir les échanges entre les think-tanks chinois et africains, de consolider le partenariat sino-africain, et de faire progresser les relations sino-africaines de manière durable et soutenue.
Le séminaire a traité de nombreuses questions inhérentes au développement du continent africain, de la résolution des conflits et la sécurité, de l’intégration régionale et sous régionale, ainsi que du renforcement de la coopération sino-africaine suite à la crise financière internationale.
La délégation de l’Institut était composée de Brahim Fassi Fihri et Olivier Deau, respectivement Président et Coordinateur de recherches à l’Institut Amadeus.
Intervenant lors du séminaire sur "la paix et le développement en Afrique", Brahim Fassi Fihri est intervenu sur les problématiques de l’intégration régionale au Maghreb et sur l’ensemble du continent. Selon lui, "l'intégration régionale n'est pas un processus simple, surtout en Afrique où elle n'est pas liée aux intérêts des peuples mais aux personnes qui détiennent les rênes du pouvoir et leurs lectures subjectives des relations avec leurs voisins". Quant à l’intégration régionale maghrébine, il a souligné qu’elle est continue d’être entravé par la question du Sahara. Bien que le Maroc soit déterminé à trouver un règlement définitif à cette question sous l'égide des Nations Unies et ait présenté une proposition d'autonomie élargie pour les provinces du Sud, il a déploré que l'autre partie n'ait présenté aucune proposition crédible.
Brahim Fassi Fihri a salué la coopération sino-africaine, soulignant que la Chine n'a pas négligé l'Afrique malgré les grande réussites économiques qu'elle a réalisées ces dernières années, tout en mettant en relief les perspectives d'avenir de cette coopération qui dispose d'instruments valables, d'objectifs définis et de programmes en cours de réalisation. L'Ambassadeur, représentant spécial du ministre des Affaires étrangères chinois chargé des affaires africaines, M. Liu Guijin, a, pour sa part, souligné que "la situation en Afrique est loin d'être stable bien que la situation générale concernant des foyers de tension évolue positivement", ajoutant que "la recherche de la coopération pacifique, du développement partagé et de l'intégration doivent être les grands objectifs des politiques des gouvernements africains".
"Les problèmes de sécurité et de stabilité sont lancinants en Afrique notamment en raison des pesanteurs historiques, des facteurs externes, de la pauvreté et du sous développement", a-t-il dit, soulignant l'impératif pour les pays africains d'être conscients de l'ampleur des défis qui menacent la paix et la sécurité en Afrique. Pour lui, la réalisation des objectifs en matière de sécurité et de stabilité passe par la confiance des Africains en leurs capacités, mettant l'accent sur l'importance de la diplomatie préventive pour circonscrire les conflits et de la prise en compte des grands intérêts économiques.
Le directeur général du département Afrique au ministère chinois des Affaires étrangères, M. Lu Shaye, a, de son côté, fait état du rôle que peut jouer la Chine dans la restauration de la paix et de la stabilité en Afrique, en particulier à travers sa participation aux cinq missions onusiennes de maintien de la paix, le déploiement de sa flotte dans les eaux somaliennes pour la lutte contre la piraterie et la prise en charge de la formation et de la qualification d'officiers africains.
M. Lu a indiqué d'autre part que la situation en Afrique est caractérisée par une prévalence d'une stabilité générale avec la persistance de conflits, ajoutant que la communauté internationale doit s'investir davantage pour le soutien de la stabilité et du développement en Afrique.





