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Cour Pénale Internationale : Un verdict, et après…

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10 ans de juridiction pĂ©nale internationale et un bilan plus que mitigĂ©. Entre symbole et rĂ©alitĂ©, la Cour pĂ©nale internationale peine Ă  assoir sa crĂ©dibilitĂ©. Le premier verdict rendu par la Cour en mars 2012 marque-t-il  le dĂ©but d’un nouveau souffle pour la juridiction pĂ©nale internationale ?   Par Mathilde Ronez

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Billet : Irak : Quid de l'aprés retrait US ?

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Le soutien irakien affiché au régime d’Assad n’est qu’une demi-surprise. Le refus déguisé de Bagdad d’appliquer les sanctions internationales à l’encontre de l’Iran, encore moins. L’Iraq avance, mais peut-être pas dans le sens qu’on envisageait il y a 8 ans.

Le 18 dĂ©cembre dernier soit 13 jours avant la date butoir, le dernier soldat amĂ©ricain quittait le sol irakien. Une page se tourne. NĂ©e de la volontĂ© hĂ©gĂ©monique de l’aile dure de l’Administration Bush post traumatisme du 11 septembre, l’expĂ©dition amĂ©ricaine dans l’ancienne MĂ©sopotamie se termine dans la confusion, avec cette impression inĂ©vitable d’un immense gâchis.  Les rĂ©cents discours triomphalistes de Barack Obama n’y feront rien. L’imposture « weapon of mass destruction Â» est Ă©tablie, elle fait dĂ©sormais partie de l’Histoire.

Irak_1Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ  le dessein du « Grand Moyen Orient Â» selon lequel la guerre menĂ©e par les Etats-Unis en Irak aboutirait Ă  l’émergence d’un Etat moderne dont les vertus de dĂ©mocratie et de libre Ă©change (surtout) se rĂ©pandront Ă  terme dans toute la rĂ©gion, est restĂ© dans les tiroirs.

Les amĂ©ricains laissent un pays en proie Ă  de profondes divisions confessionnelles, que d’aucuns qualifient « au bord de l’implosion Â» du fait d’une situation sĂ©curitaire alarmante doublĂ©e de crises politiques rĂ©currentes Ă  plus ou moins forte ampleur. La dernière voyait l’émission d’un mandat d’arrĂŞt contre le vice-prĂ©sident sunnite Tarek al Hachimi, accusĂ© notamment de liens avec la mouvance terroriste Al Qaida.

Paradoxalement, ce retrait des forces armées américaines n’est pas perçu par tous comme une seconde libération. Garants d’une certaine stabilité, certes toute relative, le départ des GIs propulse le pays dans l’inconnu qui souvent dans la région s’apparente à une forme de chaos, propice aux ingérences étrangères, en premier desquelles nous retrouvons bien sûr la République Islamique d’Iran.

Le puissant voisin persan a dĂ©sormais les coudĂ©es franches dans l’Irak de 2012. Alors que le rĂ©gime alaouite de Bachar Al Assad vacille, et par ricochet le Hezbollah libanais aussi, bientĂ´t coupĂ© de la courroie de transmission avec l’Iran que constituait le rĂ©gime de Damas ; TĂ©hĂ©ran mise avant tout sur le rĂ©fĂ©rentiel religieux.  Cauchemar des pĂ©tromonarchies arabes voisines, le croissant chiite et ses vellĂ©itĂ©s expansionnistes dans toute la pĂ©ninsule constituent la pierre angulaire de la politique Ă©trangère iranienne. L’Irak, terre des lieux saints de Nadjaf et Kerbela, en est le poumon.

Longtemps persĂ©cutĂ©s sous Saddam, les chiites irakiens, majoritaires dans le pays sont dĂ©sormais maĂ®tres du jeu politique Ă  Bagdad. Le gouvernement actuel menĂ© par l’un des leurs, Nouri Al Maliki, se fait peu  de cas des revendications des minoritĂ©s sunnites, Ă  leur tour marginalisĂ©es.  Principales provinces sunnites, Salahuddine ou  Diyala ont ainsi dĂ©crĂ©tĂ© leur autonomie, en thĂ©orie prĂ©vue dans la Constitution irakienne.

L’unitĂ© justement semble ĂŞtre incontestablement l’enjeu majeur de l’Irak post retrait  amĂ©ricain. Le spectre de l’éclatement n’est pas nouveau en Irak. Sous Saddam dĂ©jĂ , suite Ă  la deuxième Guerre du Golfe de 1991, la rĂ©gion du Kurdistan au Nord avec pris ses distances par les armes avec le pouvoir central, jetant ainsi les jalons de ce qui pourrait devenir un Etat fĂ©dĂ©ral. FĂ©dĂ©ralisme, le mot est lâché…

Cependant, le tableau n’est pas dĂ©finitivement noir. Un cadre institutionnel et dĂ©mocratique, certes balbutiant ; existe. Depuis 2003, deux Ă©lections libres se sont tenues. Le temps du Baas, parti unique apparait rĂ©volu tant le multipartisme y  est visiblement ancrĂ©. A l’heure des Printemps arabes, l’Irak semble avoir dĂ©jĂ  opĂ©rĂ© sa rĂ©volution.

Un retour dans le concert des nations qu’illustre bien la tenue à Bagdad du prochain sommet des chefs Etats arabes, prévu fin mars.

Et puis ne l’oublions pas, le pays recouvre les quatrièmes réserves de pétrole du monde (115 milliards de barils), et en produit 2,5 millions de barils/jour, l’essentiel étant destiné à l’exportation. Prix du brut aidant, l’Irak a enregistré en 2011 un taux de croissance de 9.8%. Clairement, un potentiel de développement énorme pour un pays qui cherche à se reconstruire.

Encore faudra-t-il vaincre les démons de la division…

 

Par Talal Salahdine, Responsable Stratégie et Communication de l'Institut Amadeus

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