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Cour Pénale Internationale : Un verdict, et après…

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10 ans de juridiction pĂ©nale internationale et un bilan plus que mitigĂ©. Entre symbole et rĂ©alitĂ©, la Cour pĂ©nale internationale peine Ă  assoir sa crĂ©dibilitĂ©. Le premier verdict rendu par la Cour en mars 2012 marque-t-il  le dĂ©but d’un nouveau souffle pour la juridiction pĂ©nale internationale ?   Par Mathilde Ronez

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Billet : L'hyperactivisme dangereux de la diplomatie qatarie

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IndĂ©niablement, 2011 aura aussi Ă©tĂ© son annĂ©e.  Lui, c’est le Qatar, ce petit Etat du Golfe de par la taille (11.400 Km2, Ă©quivalent Ă  la seule rĂ©gion Tanger-TĂ©touan) ou la population (1.5 millions d’habitants avec seulement 25% de nationaux) mais dont l’influence grandissante voire envahissante dans la rĂ©gion ne cesse, l’étonnement passĂ©, de dĂ©ranger.

Certes  l’émergence du Qatar sous l’égide de l’émir Cheikh Hamad al Thani sur la scène internationale ne date pas d’aujourd’hui. L’expĂ©dition amĂ©ricaine en Irak en 2003 avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© l’occasion pour le petit Ă©mirat de se positionner  (ou tout simplement d’«exister Â» diront certains) comme support fiable abritant le Centcom* et acteur ambitieux, dĂ©sireux de se dĂ©barrasser dĂ©finitivement de Saddam Hussein, voisin aussi menaçant qu’imprĂ©visible.

QataR_1Profitant de l’absence d’un leadership  arabe du fait long dĂ©clin de l’Egypte de Moubarak, autrefois unique rĂ©elle puissance rĂ©gionale, le Qatar dans la roue du grand frère saoudien s’imposera comme un acteur majeur sur plusieurs dossiers : crise libanaise, rapprochement France-Syrie ou encore l’affaire des « infirmières bulgares Â»

Au cœur du dispositif : une manne gazière immense, synonyme de moyens financiers quasi illimités et une chaine TV d’information Al Jazeera, mastodonte médiatique et véritable pierre angulaire de la diplomatie de l’émirat.

Longtemps tribune des opposants à de nombreux régimes, notamment ceux de Ben Ali, Kadhafi ou El Assad, celle-ci se distingue par une liberté de ton très peu appréciée par les autocraties de la région.

Le Printemps arabe et ses nombreux soubresauts viendront confirmer la donne : Le Qatar et sa progĂ©niture Al Jazeera, par une couverture enthousiaste, participative et rĂ©solument du cĂ´tĂ© des insurgĂ©s, sont sur tous les fronts.

Particulièrement actifs lors de la crise libyenne, les qataris auront énormément milité en coulisse, sous l’égide de l’influent Cheikh Hamad Bin Jassem, Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères du pays, pour obtenir la caution arabe nécessaire à l’intervention de l’OTAN mais aussi surtout fourni armes et financement.

Symbolique certes, l’implication militaire qatarie n’est demeure pas moins un tournant.  Un passage du « soft power Â» au « hard power Â» qui agace voisins et partenaires europĂ©ens et amĂ©ricains, tout autant que le soutien plus que prononcĂ© pour les courants islamistes, qui ont le vent en poupe au lendemain des rĂ©volutions dans les pays d’Afrique du Nord.

Les affinitĂ©s de Doha avec l’islamisme politique sont connues. Qaradawhi , Mechaaal, Madani ou Ghanouchi ont depuis longtemps leurs entrĂ©es au palais de l’émir. Dernier protĂ©gĂ© en date : Abdelhakim Belhadj, ancien d’Al Qaida et dĂ©sormais commandant militaire en chef de la rĂ©gion de Tripoli.

Du volontarisme politico-diplomatique à l’ingérence dans les affaires intérieures, il n’y a qu’un pas que de nombreux observateurs accusent le Qatar d’avoir déjà franchi.

Un interventionnisme décrié à Tripoli, Tunis mais aussi à Damas. Dans cet élan d’hyper-activisme avéré, le Qatar préside en effet la commission interministérielle en charge du dossier syrien au sein de la Ligue Arabe. De ce fait, Doha se retrouve derrière bon nombre d’initiatives à même de neutraliser le régime de Bachar El Assad et ainsi priver l’ennemi iranien de son ultime allié arabe.

A l’heure oĂą l’on annonce l’ouverture prochaine d’un bureau de reprĂ©sentation des Taliban dans la capitale qatarie, difficile de trouver une ligne directrice claire suivie par la diplomatie du Qatar si ce n’est un interventionnisme tous azimuts dangereux et source supplĂ©mentaire d’instabilitĂ© dans une rĂ©gion qui n’en manque pas !

 

*Centcom : commandement central amĂ©ricain basĂ© Ă  Doha et d’oĂą les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont Ă©tĂ© coordonnĂ©es

 

Par Talal Salahdine, Responsable Stratégie et Communication de l'Institut Amadeus

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